minisite critikat, le site de critique de films

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Bienvenue sur le mini-site critikat.com consacré au Festival de Cannes. Critikat vous propose de suivre l'actualité du festival qui se tiendra du 13 au 24 mai 2009 grâce à ce mini-site où vous pourrez notamment trouver une sélection de critiques des films en compétition.


Palmarès de la sélection officielle

Le festival de Cannes 2009 a couronné :

Prix exceptionnel du Festival de Cannes : Alain Resnais

Palme d'or : Le Ruban blanc de Michael Haneke

Grand prix du festival de Cannes : Jacques Audiard pour Le Prophète

Prix d'interprétation féminine : Charlotte Gainsbourg pour son rôle pour Antichrist de Lars von Trier

Prix d'interprétation masculine : Christophe Waltz pour son rôle dans Inglorious Basterds de Quentin Tarantino

Prix de la mise en scène : Brillante Mendoza pour Kinatay

Prix du scénario : Mei Feng pour Nuit d'ivresse printanière de Lou Ye

Prix du jury : remis ex-aequo à Fish Tank d'Andrea Arnold et à Thirst - ceci est mon sang de Park Chan-wook

Caméra d'or : Samson et Dalila de Warwick Thornton

Prix du meilleur court métrage : Arena de Joao Salavisa

Palmarès de la section Un Certain Regard

Prix Un Certain Regard - Fondation Groupama Gan pour le Cinéma : Canine de Yorgos Lanthimos

Prix spécial du Jury : remis ex-aequo aux Chats Persans de Bahman Ghobadi et au Père de mes enfants de Mia Hansen-Love

Prix du Jury : Policier, Adjectif de Corneliu Porumboiu

Palmarès de la Quinzaine des réalisateurs

Prix "Regards Jeunes" : J'ai tué ma mère de Xavier Dolan

Prix SACD : J'ai tué ma mère de Xavier Dolan

Art Cinema Award : J'ai tué ma mère de Xavier Dolan

Art Cinema Award (mention spéciale) : La Merditude des choses de Felix van Groeningen

Prix du Label Europa Cinemas : La Pivellina de Rainer Frimmel et Tizza Covi

Prix SFR du court métrage français : Montparnasse de Mikhaël Hers

Palmarès de la semaine de la critique

Avec à propos, la remise du palmarès de la Semaine de la critique 2009 s'est ouverte sur le très beau court métrage de Vera Egito, Espalhadas pelo Ar - remarquable première oeuvre de la jeune réalisatrice Vera Egito, qui repartira de la croisette sans cependant avoir été distinguée.

Si Adieu Gary de Nassim Amaouche a été récompensé du grand prix de la semaine de la critique, son triomphe est à nuancer face à la pluie de récompenses qui s'est abattue sur l'émouvant Whispers with the Wind du kurde (ou "cure-dent" selon le mot du très spirituel parrain de la Toute jeune critique Pascal Légitimus) de Shahram Alidi. Le réalisateur s'est ainsi vu distinguer par le prix OFAJ / TV5 de la Toute jeune critique, par le prix de l'Acid / CCAS, et par le prix des Regards jeunes, décerné la veille. Caroline Strubbe a été distinguée par le prix de la SCAD pour Lost Persons Area, tandis que dans la catégorie "court métrage", le burlesque et talentueux Logorama du collectif F5 recevait le prix découverte Kodak, et Slitage de Patrick Eklund celui du Grand Prix Canal + du meilleur court métrage.

Et puisqu'hélas notre favori à nous, rédactrices et rédacteurs de Critikat, ne s'est pas vu distinguer cette année, nous décernons à Altiplano le Prix du film injustement oublié de la Semaine de la critique 2009.

Grand Prix de la Semaine de la critique : Adieu Gary de Nassim Amaouche

Prix OFAJ / TV5 de ma toute jeune critique : Whispers with the wind de Shahram Alidi

Prix de l'ACID et du CCAS : Whispers with the wind de Shahram Alidi

Prix de la SCAD : Caroline Strubbe pour Lost Persons Area

Prix de la découverte Kodak : Logorama du collectif F5

Prix Canal + du meilleur court métrage : Slitage de Patrick Eklund

Visage de Tsaï Ming-Liang

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Inglorious Basterds de Quentin Tarantino

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Irène d'Alain Cavalier

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Antichrist de Lars Von Trier

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Le Roi de l'évasion d'Alain Guiraudie

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Remise du prix France Culture 2009

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L'Armée du crime de Robert Guédiguian

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Taking Woodstock d'Ang Lee

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Mother de Bong Joon-Ho

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Like You Know It All de Hong Sang-Soo

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Bright Star de Jane Campion

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Un prophète de Jacques Audiard

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The Times that remains d'Elia Suleiman

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Thirst, ceci est mon sang... de Park Chan-Wook

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Ne change rien de Pedro Costa

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Policier, Adjectif de Corneliu Porumboiu

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Fish Tank d'Andrea Arnold

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Nuits d'ivresse printanière de Lou Ye

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Tetro de Francis Ford Coppola

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La Merditude des choses de Félix van Groeningen

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Le Père de mes enfants de Mia Hansen-Løve

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Adieu Gary de Nassim Amaouche

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La Nymphe de Pen-Ek Ratanaruang

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Demain dès l'aube de Denis Dercourt

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Independencia de Raya Martin

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Les Contes de l'age d'or de Ioana Uricaru, Hanno Höfer, Razvan Marculescu, Constantin Popescu et Cristian Mungiu

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La famille Wolberg d'Axelle Ropert

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Vincere de Marco Bellocchio

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Enter the Void de Gaspar Noë

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Les Herbes folles d'Alain Resnais

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Daniel y Ana de Michel Franco

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Mourir comme un homme de Joâo Pedro Rodriguez

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Le Ruban blanc de Michael Haneke

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Karaoke de Chris Chong Chan Fui

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Jusqu'en enfer de Sam Raimi

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La Terre de la folie de Luc Moullet

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Altiplano de Jessica Woodsworth et Peter Brosens

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Whisper with the Wind de Shahram Alidi

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Agora d'Alejandro Amenabar

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Go get some Rosemary de Joshua et Benny Safdie

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Looking for Eric de Ken Loach

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I love you Phillip Morris de Glenn Ficara et John Requa

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Yuki et Nina de Nobuhiro Suwa et Hippolite Girardot

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Kinatay de Brillante Mendoza

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Pomme d'amour

C’est reparti pour un tour. L’immense nuée de commentateurs est bien calée dans ses starting-blocks, tous se tiennent, fébriles, sur la ligne blanche. Mais bien peu attendent le coup de feu. Dans le petit milieu festivalier, il s’agit moins d’arriver à terme que de se lancer le premier, tête baissée. D’où l’habituelle salve de faux départs qui signale l’imminence de l’ouverture. Le 62ème Festival de Cannes n’a pas encore commencé que plusieurs articles ont fusé déjà, sur toile et papier, où tel ou tel journaliste nous explique comment il range ses caleçons dans sa valise ou s’embrouille avec les horaires de train. Les pronostics se mêlent dans une complète cacophonie ; on accuse encore, comme à l’accoutumée, les assises pépères des sélectionneurs, leur manque d’audace. De cette routine, de cette énorme quantité d’encre écoulée a priori, de tout ce buzz obligatoire et écrasant, vient peut-être ce sentiment que les grands festivals sont finis dès l’annonce de leur sélection, avant même d’avoir commencé. L’ensemble de la manifestation se résumerait alors à son programme de projections, elle qui s’effeuille au rythme des petits livrets distribués au jour le jour et sur lesquels figurent les horaires des films et les salles correspondantes. Tout se décline à partir de cette matrice – qui n’est rien d’autre qu’une grille, un quadrillage : les accès, les files d’attente, les montées des marches, les descentes, les soirées et, entre tout cela, les films. Rien de plus programmatique, en somme. Est-ce reprochable ? Non. À vrai dire, c’est là que réside une grande partie du charme d’un festival et qu'on peut exprimer plus clairement par la fameuse formule qu’on prête à Mozart : « Ma symphonie est terminée. Il ne me reste plus qu’à l’écrire. » Ainsi transposée : « Le festival est achevé. Il ne reste plus qu’à voir les films. »

Que représente donc pour nous, pauvres critiques bénévoles du web, prolétaires du Grand Théâtre Lumière, qui n’avons rien à acheter et rien à vendre – pas même nos articles – une nouvelle édition du Festival de Cannes, si l’on met de côté la mer, le sable et les palmiers ? Une occasion annuelle de prendre le pouls du cinéma mondial ? Surtout pas. Assez de ce fantasme héroïque du critique en médecin sans frontière, au chevet de son patient, venu lui prendre lui-même la température avec son stylo. Le Festival de Cannes n’est en rien représentatif du cinéma mondial, mais plutôt d’une ou deux de ses tendances, singulièress, précieuses, certes, mais réduites. Pour nous, ces dix jours passés dans la fourmilière s’apparentent plutôt à un rêve que font beaucoup d’enfants : celui de se trouver enfermé pour toute une nuit dans une confiserie, voire dans un supermarché, au risque de l’indigestion. Les films, à Cannes, sont compressés dans une grille d’horaires trop étroite. Résultat : ils se touchent, ils s’amalgament et finissent par former une grosse boule de gomme indifférenciée, une pomme d’amour gigantesque dans laquelle on se plonge avec délice. Au détriment du monde réel, me direz-vous. Vous aurez raison : Cannes est une façon de rentrer au cinéma sans, pendant dix jours, en voir jamais la porte de sortie, celle qui nous ramène à l’extérieur, en pleine lumière.

Il est d’ailleurs étonnant de constater que l’énorme couverture médiatique dont se pare le festival échoue chaque année à en retranscrire clairement la réalité, c'est-à-dire son programme, uniquement fait de films. Tout ce que nous montre la télévision : des gens bien habillés qui montent un escalier pour, nous dit-on, voir un film auquel la grande majorité des spectateurs n’a pas accès. Au-delà des marches, ils disparaissent. Le film, lui, reste hors-champ, caché, dissimulé. Cannes produit ainsi, au fil de ses éditions, une masse de discours impressionnante – et heureusement volatile - sur des films invisibles. Nous disons « les spectateurs », mais nous pourrions aussi bien dire « les vrais gens », ceux qui restent « en France » pendant toute la durée du festival et n’en auront des nouvelles qu’à travers leur écran de télévision. Par opposition à ceux-ci, Philippe Garrel avait trouvé l’année dernière, dans La Frontière de l’aube présenté en compétition officielle, une magnifique formule qui va comme un gant à la communauté éclatée des festivaliers – et qui leur avait d’ailleurs fortement déplu au souvenir des huées et des quolibets qui avaient alors retenti dans la salle : « le peuple qui dort ». Et, en effet, il n’y a qu’à voir, dans les derniers jours de la manifestation, les files d’attentes aux séances remplies de zombies blêmes, pour se rendre compte à quelle étrange expérience de somnambulisme nous convie le plus grand festival de cinéma au monde. À bientôt.

Cannes 2009 : mais où est donc mon formulaire 42B-6 ?

Vous en souvient-il du temps où être cinéphile était une profession de foi ? Où les tentacules bien pensantes de Dame Censure cantonnaient certains films à l’exploitation confidentielle, et d’autres à l’exil pur et simple ? Où l’amateur français de cinéma devait pousser jusqu’à Bruxelles, Berlin, Londres, voir jusqu’aux Etats-Unis pour contempler ces films tant convoités ? C’est un temps aujourd’hui révolu, où un DVD importé, où même un simple « clic », fut-il illégal, donne accès au cinéma du monde entier…

Mais Cannes, village gaulois peuplé d’irréductibles Méditerranéens, résiste seul encore à l’envahisseur. Ai-je le bon pass pour rentrer ? Faut-il un ticket bleu ? Un ticket rouge ? Vais-je être sacqué si mes places ne sont pas utilisées ? Et si j’ai oublié mon nœud pap’ ? Et si les videurs n’aiment pas mes chaussures ? L’amour du cinéma, dans ce Cannes 2009 tout entier inféodé à la déesse de la Bureaucratie Procédurière, tient pour les malheureux qui ne sont pas multiaccrédités du sport de combat. De là à conclure que Cannes se soucie plus de show-off (au rabais, c’est la crise) avec parties et beautiful people il n’y a qu’un pas, que nous ne franchirons pas. Remercions plutôt Cannes d’avoir ressuscité pour nous les frissons délicieux de la loi de la jungle cinématographique…