Présenté à la Semaine de la critique par l’attaché de presse du gouvernement kurde aux questions culturelles, Whisper with the Wind se veut représentatif de la volonté de ce gouvernement de promotion de l’harmonie entre les peuples. Il s’agit donc, évidemment, d’un film sur l’oppression vécue par la population kurde d’Irak sous le régime de Saddam Hussein. Mais il s’agit également d’un conte olympien, inscrit dans l’éternité, comme l’est la mythologie kurde elle-même, construite dans l’ombre de Gilgamesh, le héros tragique de la plus ancienne épopée écrite connue.

C’est donc une sorte de dieu des vents que le personnage de Mam Baldar, vieil homme qui transporte les messages du peuple kurde dans son antique radio-cassette – puisqu’on lui a interdit de transporter les lettres. Immuable, il parcourt un pays aux lignes elles aussi marquées du sceau de la mythologie, à la poursuite du premier cri d’un enfant nouveau né, chant de résurrection pour un pays meurtri. Si l’argument est poétique, la mise en scène l’est tout autant, faisant de Whisper with the Wind une suite cohérente de visions surréalistes (l’incroyable arbre à radios, notamment) qui font du film un poème émouvant et sincère, même s’il n’est pas exempt de maladresses formelles.